Témoignage de la fin du monde #3 Dernière sortie avant les ténèbres : Dites OUI à l'apocalypse Tout ceci va s'arranger en désastre ! En attendant la catastrophe. D étruisons nos intérieurs bourgeois avant que d'autres s'en chargent. Puisque coudre les lèvres ne suffira pas _ prendre l’ascenseur pour les profondeurs Pour faire disparaître cet homme _ tapez sur la touche entrée Pour faire disparaître ce monde __ tapez Le ground zero, c'est moi, c’est vous. Brulez vos icones, détruisez vos idoles, chargez vos bagnoles.. J'ai besoin d'un accident. L’enfer dure une éternité ___ jusqu’au moment où l’on accepte d’en sortir. Se détruire ___ pour survivre. J'étais né pour - détruire, - me détruire - et me sauver.
"On se perd en chemin comme au sein des foules dansantes ; on stagne dans des bus, dans une maladie imprévue ou sur des bords de route improbables ; on ne trouve un ami que pour le quitter, une promesse d’aventure sexuelle que pour la fantasmer, un lit que pour s’endormir sur l’herbe."
"Il survient énormément de choses dans ce texte hypnotique et prenant, auquel la formule employée par Ricardou pour décrire le nouveau roman rendrait justice, si elle n’était devenue aussi banale : ici, « l’écriture de l’aventure » cède le pas à « l’aventure de l’écriture »."
"Les ondes que dessinent ses mouvements (car on ne cesse de monter et descendre, accélérer et ralentir, accidents de terrains ou étapes du trip) sont redoublées par celles d’une langue plastique, qui change, dérape et rippe à vue."
"S’il faut lire Machine dans tête, c’est pour savourer cette ondulation et apprécier les exercices d’un grand souffle d’air, une langue libérée, aventureuse et jouisseuse, qui cherche à se saisir de la singularité banale du monde contemporain, avec ses usages, activités, idées forces, préoccupations et productions culturelles, sans que l’ambition de trouver des formes littéraires adéquates à un tel projet ne se fasse barrière, ou marque de condescendance."
Elle se présente sous la forme de deux poteaux en béton - un mètre d'intervalle entre eux. C'est une machine qui double, triple, quadruple, etc. les rapports extérieurs/intérieurs, mais seulement en prenant comme quanta de base le phénomène extérieur. L'avantage de cette prédominance est d'empêcher l'autocontrôle de l'homme.
Exemple : l'homme est en train d'attendre une trame de métro. Elle arrive en même temps que son idée d'attendre la rame de métro. Si bien que l'idée élimine le fait précédent sur la base d'une pulsion magnétique qui sélectionne, dans les zones cervicales affectées, les composants qui ont créé l'événement en question.
Son but : éliminer toute espèce d’idée de vie, et a fortiori, de développement temporel chez quelqu'un.
Utilités dérivées : couplé avec la vision d'une oeuvre de culture, l'engin peut favoriser des dissociations schizophréniques plaçant le sujet dans un au-delà temporel permettant de modeler son identité de fond en comble.
Peintures non newtonienne, sonique, magnétique, toxique
La peinture réactive(ou peinture à réactions) mélange et confronte la matière-peinture à différents types de comportements et réactions chimiques, organiques, physiques.
La peinture (parfois plus une forme plastique entre peinture et sculpture) est traversée, rendue consubstantielle à différents phénomènes physiques, à des ondes sonores, à des flux magnétiques, à des fluides aux propriétés spécifiques, à des produits chimiques réactifs et toxiques.
Selon les cas, le résultat final d'une œuvre plastique de ce type est aléatoire, ou peut être dirigé.
Peinture toxique
Les peintures toxiques sont peintes, imprégnées d'acide et d'autres produits irrespirables (produits chimiques sélectionnés pour leur dangerosité, voire à usage militaire).
Les expositions publiques de ce type d'œuvre sont impossibles, sauf si le public consent à porter des masques à gaz et des tenues de protection.
Des variations imaginaires de ce concept, totalement déconseillées et de l'ordre du terrorisme pur, sont les peintures radio-actives (émanant de fortes radiations) et les peintures "guerre-bactériologiques" (grouillantes de germes et maladies).
"Enthalpy", vidéo effectuée pendant une "Abstraction Sonique" ou "Peinture sonore"
Peinture magnétique
A l'aide d'électro-aimants industriels (diamètre : 40cm) imposer une onde magnétique sur une peinture chargée en fer (ou magnésium), puis fixer les turbulences grâce à une résine ou un spray.
Des exemples sont visibles ici (série intitulée “Ondes magnétiques”) :
Peinture avec fluide non newtonien + vibrations 30Hz
Mélanger la peinture avec de l'eau et de la maïzena (fécule de maïs)*, puis placer le tout sur l'enceinte vibrante d'un haut-parleur diffusant des sons autour de 30Hz : la matière prend alors d'étranges formes évoquant la vie organique, elles se créent et volent en l'air en interaction avec la vibration.
Le but ultime est d'arriver à stabiliser ce processus pour produire des toiles (placées à l'horizontale) proliférantes de formes non newtoniennes toujours changeantes.
Certains rêvent d'appliquer cette méthode à grande échelle, pour voir des formes à taille humaine s'élever dans l'air, et soudain partir dans une direction inattendue, quitte à surprendre voire salir leurs "spectateurs" !
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* Le mélange de fécule de maïs avec un peu d'eau est en effet un bon exemple de fluide non newtonien, rhéoépaississant, c'est-à-dire qu'il se comporte comme un liquide peu visqueux quand on le manipule lentement (excitation à basse fréquence), mais qu'il devient très visqueux presque solide quand on le manipule rapidement (excitation à haute fréquence), au point qu'on puisse, par exemple, marcher sur une piscine remplie de ce mélange, à condition d'aller assez vite (mélange dans lequel un pied entre aisément à faible vitesse, mais ne peut rentrer à grande vitesse).
La contre-ventoline est un protocole d’écriture expérimentale visant à agir sur la totalité de la machine-corps lors de l’acte d’écriture, de lecture et de diction, grâce à la stimulation des organes respiratoires, à l’accélération du rythme inspiration-expiration, et à la constriction des bronches.
La contre-ventoline vise avant tout à mettre en évidence que le corps agit sur la langue, et vice-versa.
Il est préalablement nécessaire d’être diagnostiqué asthmatique afin de pouvoir mener le protocole à bien. Toutefois, si l’asthme n’est pas détecté chez le sujet, certaines méthodes rudimentaires pourront offrir un ersatz de crise respiratoire.
Tout d’abord, il est nécessaire de penser langue = corps, et de garder cette idée à l’esprit durant toute l’exécution du protocole, et même après. L'essentiel de l'opération est de déclencher artificiellement une crise d'asthme, à la fois dans le corps et dans la pensée : exécuter un exercice physique, respirer pollens, poussières et poils d'animaux peuvent être une solution. Pour le non-asthmatique, une dizaine de cigarettes, puis un simple footing et quelques pompes suffiront.
Une fois la crise déclenchée, le rythme respiratoire saccadé, et l’oxygène raréfié, il s’agit de penser que le cerveau est un poumon : l’acte d’écriture et/ou de diction peut dès lors commencer. Il ne faut également pas oublier que, l'oxygène manquant au cerveau, l'idée aura du mal à s’élaborer : le texte et la diction tourneront nécessairement en rond, sans avancer d’idées nouvelles. Mais l'idée n’est de toute façon pas intéressante ; seules comptent la syntaxe et la rythmique découlant de la crise d'asthme du corps et de la pensée cherchant leur oxygène.
La contre-ventoline est jeu subtil entre la vie et la mort : s'il faut respirer pour vivre, la crise respiratoire, dans ce qu'elle met le corps en danger, et l'actionne d’une façon frénétique (agitation, essoufflements, inspirations difficiles, sifflement des bronches, etc.), montre que le corps est d’autant plus vivant et actif qu'il est menacé. Tout cela doit transparaître dans la parole : chaque texte doit être une crise respiratoire, doit entraîner une crise respiratoire, pour prouver, par la menace mortifère, que le corps et la pensée qui se débattent pour respirer, sont toujours vivants (nous renvoyons alors à la langue créée, témoin de l’action). La contre-ventoline tente ainsi d’insuffler la vie dans la langue = corps en faisant planer la mort au-dessus du sujet.
Il est essentiel de ne jamais prendre de ventoline suite à l’exécution du protocole.
"L'épilatrice-à-phrase, moins chère et sur mesure. le sticker à portée de tous !"
Ingrédients
- phrase
- papier
- encre
- scotch transparent
Mode d'emploi
Sélectionnez la phrase, faites-la tenir sur une ligne, imprimez, apposez immédiatement le scotch sur la phrase, frottez légèrement, épilez doucement lettre après lettre ou d'un coup.
L'opération réussie, placez le résultat sur un support plutôt clair et accessible aux yeux d'autrui.
N.B. : Si l'encre ne se fixe pas sur le scotch, changez d'imprimante, de photocopieuse, de papier, de scotch ou de phrase.
Résultat
La diffusion sauvage de ces auto-scotchants artisanaux et textuels.
"Road-movie sur les routes de France et de Croatie, phrases qui s’enchaînent sans voir de point venir, états limites de conscience qui mènent à la clairvoyance. Machine dans tête, roman de Mathias Richard, n’est donc pas un livre : c’est une expérience."
"Dorian Durand cherche sa vie, non le sens de sa vie mais la vie elle-même."
"Un style en flux tendu, aussi bien à la Dantec qu’à la Kerouac."
"Plus que la narration de l’errance, Mathias Richard donne à lire le kaléidoscope des réflexions d’un être symbole de la condition humaine, dans ses recherches, ses interrogations, ses allers et retours."
"Cette autopoéfiction au romantisme noir et exalté est un incantat, une incantation lyrique et satirique qui, aux plans rythmique, typographique et topographique, met en place un(e) (m)onde à croissance géométrique."
"De cet étrange cogito sensorialiste, il ressort que Je est Autre, vibrant comme un opéra fabuleusement comique – voire, par ailleurs, cosmique."
"un journal mental qui revêt la forme d’un road novel, d’un texte classico-rocky-punky dont le phrasé même et les inventions verbales donnent souvent le vertige : "veux du speed pur en rab, veux du speed pur en barres, en barres-barres dare-dare, eh ouais connard, encéphalo zéro, en ville comme au zoo, chuis un placard, un tocard au radar, Babar bobards, brum brum, un barbare au dard crade en rade dans le bar hagard des crabes sad…" (57)."
"L’écriture fonctionne comme un accélérateur de particules mentales."
"Si "être humain c’est être un murmure de folies", il faut écrire "dans un code navajo afin de passer les lignes ennemies" (115)..."
Au final, aucune vidéo n'est complète mais l'ensemble forme (avec les 3 vidéos précédentes) un puzzle d'angles et d'extraits pour reconstitution partielle, impossible et modulable.
Un séquenceur de mémoire génitale est un équipement permettant d'exécuter les processus d’encodage, de stockage et de récupération des actes à caractère sexuel dans les représentations mentales (au niveau du système nerveux central) et les habitus réflexes (système nerveux secondaire) ; à l’origine donc, un séquenceur est un appareil capable de mémoriser un comportement corporel lors d'une expérience sexuelle, puis de le rejouer automatiquement chez le sujet enregistré, ou un autre. Mais aujourd'hui les séquenceurs sont de plus en plus souvent matriciels et intègrent des échantillonneurs, des banques de mémoires, des mixers, clusters, scratchers, expanders, growlers, scrapers, hurricaners…
Enfin ces séquenceurs matriciels sont capables de piloter ou d’être pilotés par d’autres produits tels des boîtes à rythmes, synthétiseurs, tables de montage…
Du point de vue de l'exécution il existe deux types concurrents de séquenceurs :
- Le séquenceur polaire (ou sécréteur) : on appelle séquenceur polaire des séquenceurs ayant uniquement des articulations rotoïdes.
La mémoire sexuelle que réfléchit le séquenceur peut s’animer et se remplir de matière humaine jusqu'à devenir visage, squelette ou corps entier ; en effet le sujet et le séquenceur sont reliés entre eux et s’alimentent l’un l’autre, et ainsi le corps est le résultat d’une expulsion, d’une pulsation du séquenceur hors de lui-même.
Ces séquenceurs restituent ou synthétisent ainsi sans défaut les sensations internes, mais manquent de rendu quant à la perception de l’univers virtuel dans lequel le sujet exécute son action.
Le sujet éprouve une impression de rotondité ; parce que dans la circonférence le séquenceur d’où il pousse coïncide avec celui ou il entre, le corps est circulaire.
- Le séquenceur cartésien (ou stéréo) : on appelle séquenceur cartésien les séquenceurs ayant des articulations de type prismatique pour le déplacement virtuel du sujet, mais forcément rotoïdes pour l’orientation (réelle). Pour pouvoir déplacer et orienter le sujet dans l’espace et la pensée un tel séquenceur a besoin de six axes : trois prismatiques pour le déplacement, trois rotoïdes pour l’orientation.
Le sujet a ainsi deux corps contenus dans deux univers qui cavitent l’un pour l’autre : son corps réel qui ressent l’univers virtuel dans lequel il évolue, son corps virtuel qui éprouve les sensations internes et les sentiments synthétisés par le séquenceur. On dit que le sujet “a ses pieds dans ses pieds et sa tête dans le séquenceur”. Mais dans le sujet qui les “enchevêtre” chacun de ces réels repousse l’autre, et le sujet ressent sa pression interne varier de manière inversement proportionnelle au volume qui lui est ambiant.
En résulte, comme l’indique le surnom qui lui est affublé, une impression de stéréo.
Il existe des modèles cartésiens bas de gamme actualisant la mémoire dans un environnement en deux dimensions : il suffit de trois axes pour le déplacement, un pour l’orientation.
Le matériau de base: la publicité télévisuelle, les slogans.
Prendre la structure du sonnet (4/4/3/3) et noter, selon les règles de Zappologie Avancée, ce que l'on entend.
La longueur de chaque vers est libre. On peut choisir de composer avec des rimes en fin de vers : dans ce cas, constituer un corpus afin d'agencer le sonnet. Un vers sur deux proviendra de l'écoute directe, un vers sur deux proviendra de l'écoute différée de la télévision.
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Auteur : Guénolé Boillot. Mail : contact@guenoleboillot.com.
Partant du constat très simple qu'une histoire n'est rien sans les personnages qui l'habitent, « les histoires anéanties » se veulent un véritable laboratoire d'écriture dans lequel l'auteur est amené à créer de la vie à partir des mots. C'est pourquoi une contrainte guide et modèle l'univers de ces histoires : un personnage doit émerger, prendre vie, chair et éclat devant les yeux du lecteur, puis mourir, le tout dans un texte ne dépassant pas une cinquantaine de lignes.
Créé en février 2013 à la suite d'une discussion avec l'auteur et éditeur François Bon, « les histoires anéanties » est un projet littéraire diffusé par épisodes sur le web. Pourvu d'or et déjà d'un prélude et de plus de treize histoires, « les histoires anéanties » commencent à fédérer une petite communauté autour d'elles... Bernard Morlino, du blog « la République du Livre Numérique », leur consacre un article. Perrine Le Querrec dit s'être « bien égarée dans ce labyrinthe d'histoires anéanties et […] [avoir] fait un beau voyage avec de drôles de rencontres ». Les témoignages ne cessent d'affluer et révèlent un intérêt constant pour la démarche.
C'est pourquoi l'initiateur des « histoires » souhaite ouvrir le projet pour qu'il devienne participatif. Chacun est donc invité à écrire son « histoire anéantie », la signer, et l'envoyer à contact@guenoleboillot.com. Si la contrainte est respectée, alors elle sera publiée sur le site.
Il faut toujours que le personnage arrive, casse la baraque et clamse avant qu'on n'ait le temps de claquer des doigts. Il faut des histoires où le personnage émerge et se fait bouffer, piétiner par l histoire cinquante lignes plus loin.
Il faut toujours des personnages, toujours, pour leur apprendre à naître et mourir sous vos yeux.
Utilisation de la télévision comme générateur aléatoire de séquences de mots. La machine condense le flux-continuum programmé.
1 - Zapper. Ne rien regarder intégralement, composer soi-même sa propre histoire.
2 - Écouter et noter en diagonale. Écrire rapidement bribes du flux télévisuel, ce qui passe.
3 - Télécommande permet de couper, changer, alterner l'écoulement. La machine révèle des histoires secrètes en combinant les échantillons.
4 - Chaque programme est exploitable : de la télé-réalité au film d'auteur.
5 - La machine fonctionne comme canevas. Déterminer au préalable l'ordre des chaînes (exemples : 1, 3, 5, 2, 4, 6 / 1, 2, 3, 4, 5, 6, etc.). Le même canevas sera appliqué à différents moments jour/nuit. Variations à partir du même exosquelette.
6 - Ne jamais écrire deux lignes, deux vers à la suite provenant de la même chaîne.
7 - Utiliser le vocabulaire fourni, ne pas injecter de vocabulaire extérieur à la production constatée.
8 - Chaque ligne est un vers. Chaque vers est un sample. Combinaison des samples crée une mélodie inédite tirée des profondeurs. L'écriture est dictée, robotique, la poésie mécanique.
exemple Zappologie 1 [6 Je parle français ou je parle arabe ? 5 Le secret de sa formule est jalousement gardé 3 Un des derniers moments de pure gourmandise, ça se respecte 2 C’est pareil pour eux 1 On est là pour vous aider 6] A Paris il tutoie les politiques, à Saint Trop’ il côtoie la Jet-Set
exemple Zappologie 2 [6 je croyais que cet engin était indestructible 3 c’est surtout dans ce film qu’on parle d’humiliation 6 allez, engagez – maintenant ! 3 ça vous le rappelle mais toute la journée on vit ça 1 quand vous aviez annoncé que vous cherchiez un chef 2 qu’il a été blessé 1 je me sens pas très bien 2 c’était pas un fossé, c’était une falaise 6 allez, on y est presque 3 ordinaire puisqu’elle est quotidienne 1 je pensais qu’il serait plus âgé 2 mais parce que j’aime la France 1 il ne voulait pas d’enfant 2 l’occasion de rappeler les dangers du métier 3 on regarde tout de suite l’extrait 6] ça fait moins envie –